Un point sur l’actualité du SSRN, pratiques italiennes, australiennes et sud africaines

publié le 15 déc. 2010 à 04:01 par G re


Un point sur l’actualité du SSRN

J’essaie depuis la création de ce site/blog, d’ouvrir un peu la base documentaire communément utilisée en France à de nouvelles perspectives étrangères. Le réseau SSRN est à cet égard un véritable vivier d’expériences, de doctrines parfois extrêmement pratiques permettant d’avancer dans la réflexion. Voici les derniers articles intéressants que j’ai pu relever :

1) Collaborative Procurement and Contract Performance in the Italian Healthcare Sector: Illustration of a Common Problem in European Procurement

Public Procurement Law Review, No. 3, p. 119, 2010

Gabriella Margherita Racca

Dipartimento di Diritto dell'Economia

Date Posted: November 26, 2010

Last Revised: November 30, 2010

Abstract:  

The safeguard of health and the pursuit of improved living standards and quality of life are both key Italian and European issues. The Republic of Italy protects health as a basic right of the individual and in the interest of the community, and provides free medical care to the poor (Article 32 of the Italian Constitution). The State is responsible for planning and providing a uniform level of healthcare and assigns the necessary resources to Regions which have become the main tier of government of healthcare activities. Regions operate through a network of Aziende Sanitarie and Ospedaliere (hereafter “Healthcare Agencies” which are about 800 in Italy) which are required to comply with Italian and European legislation on public procurement. The current lack of funds, however, risks undermining the quality of the health service and requires a prompt solution that could be found in public procurement policies. Favouring professional buying and collaborative procurement could help reduce costs and allow further control over the performance of the contracts. Collaborative procurement started later in Italy, compared to other European countries, but the awareness of the need to develop aggregation and central purchasing bodies is presently growing. However, the number of contracting authorities seems to be too high to guarantee the professionalism which is necessary in the modern era.

The need to save costs and expenditure in the Italian healthcare public sector has brought about the establishment of models of collaborative procurement organisations as well as of central purchasing bodies at national and regional levels. The Italian national central purchasing body (CONSIP S.p.A., acronym of Concessionaria Servizi Informatici Pubblici) , entrusted with the tasks of entering agreements on behalf of other contracting authorities (as well as the Healthcare Agencies), will have to cooperate with a network of regional central purchasing bodies which should be created in the near future. The need to cooperate is also linked to the fact that prices obtained by the major Italian central purchasing body (CONSIP s.p.a) have become benchmarks for all other Italian public administrative bodies.

This article highlights the main difficulties in undertaking collaborative procurement in Italy, within a wider European perspective. It is the result of a research project that focused on the wide - and not only Italian - problem of improving professional buying. This is aimed at obtaining savings in monetary and workforce terms to intensify control over the execution phase, thus assuring the safeguard of competition in that phase .

The article, after dealing with the main difficulties in collaborative procurement such as the drawing of technical specifications when there is a lack of market knowledge, stresses the importance, not only for Italy, of defining qualitative selection criteria to check bidders’ suitability, and proposes the use of penalty clauses, and other instruments in order to ensure quality in contract performance in the healthcare sector. In general, often after the award, the winner does not act correctly as indicated in the contract, and the public administration does not challenge this, accepting partial or less costly fulfilment, thereby effectively accepting an amendment to the subject matter of the contract. In Italy this, at times, reaches the level of bad faith, as the honest bidder considers in depth the costs implied in the contract, whereas the dishonest bidder wins the award with a very low offer, knowing that he will never be requested to perform exactly what was set out in the contract documents. This is true particularly in the Italian Healthcare system where non-compliance with the contract conditions throughout the whole procurement process arises due to inadequate contract conditions and the lack of control in the execution phase.

A retenir de l’article: Même si nous sommes en avance en France, selon les termes de l’article avec la créaction d’entités comme le RESAH IDF(cité dans l’article de ce professeur Turinois comme « modèle »), la préférence semble être donnée à un modèle collaboratif (groupement) au niveau régionale (4 ou 5 entités par régions). La France et le Royaume uni sont cités comme exemple de pays ayant réussi à « standardiser » la demande. Selon l’article, l’Italie (l’auteur est un professeur italien) doit certainement passer par une réorganisation autour de cet objectif de création de synergies et d’économies d’échelle. La tentative de création d’un organisme, d’outils pour fédérer tout le secteur de l’achat dans le domaine de la santé est en cours afin d’éviter la multiplication des procédures ayant le même objet; conserver l’organisation territoriale mais faire en sorte que chaque entité se spécialise plutôt sur un type d’achat, qu’elle passera pour tout les autres plutôt que chacun achète de tout ou la même chose et d’éviter la dispersion des compétences (les PME pouvant être préservées grâce à l’allotissement). Egalement intéressant, la réflexion autour de la question de références avec la création d’une forme système de notation des titulaires/ système de satisfaction client (sachant qu’au terme de l’article la réglementation sur le sujet semble moins stricte sur le sujet qu’en France puisque chez nous, l’élimination d’un candidat pour mauvaise exécution d’un marché précédent est assez difficile à mettre en œuvre) tout en respectant l’égalité des candidats (je ne sais pas si l’UGAP est parvenu à mettre en place un tel système).


Les italiens semblent avoir des difficultés à séparer candidatures et offres ( a priori mais peut être ai ce l’habitude, je ne vois pas quelle est la difficulté). A relever, une règle posée par la réglementation italienne selon laquelle « Contract Code 163/2006 art.84(IV): ‘‘The members of the evaluation team, excluding the Chair, cannot have carried out in the past nor can carry out administrative or technical functions or assignments other than those they carry out in the evaluation process.’’ Apparemment, il faut donc que l’équipe en charge de la conception des documents de procedures et des pieces du marché soit différente de celle qui évalue les offres. Je pense que ce serait assez difficile à mettre en œuvre mais c’est assez « astucieux » pour éviter les conflits d’intérêt. Apparemment, les juges sont de plus en plus regardant sur la prédétermination des formules de notations. L’auteur revient sur l’utilisation récente de la qualité dans les marchés publics italien et l’estimation des pénalités (pas plus de 10% de la valeur des biens/services fournis). Mais l’auteur note en pratique une application rare des pénalités.

Sans doute, le plus « intéressant » de l’article, une note « inconnue » (en tout cas, je n’en avais jamais entendu parlé) de la commission européenne, référence 2007/2309/C(2208)0108 (introuvable…), , selon laquelle, il « serait » possible, à condition de l’avoir prévu au contrat et que toute les conditions de procédure reste inchangées, de « reprendre » le candidat arrivé second au classement en cas de liquidation, ou résiliation pour faute grave du titulaire. Autant dire que cette solution s’oppose déjà en France au délai de validité des offres [puisqu’il faut, pour prolonger le délai de validité des offres, une demande expresse à l’ensemble des soumissionnaires (voir notamment CAA Marseille, 04MA00916, 25 mai 200) et que le candidat auquel on a envoyé une lettre de rejet n’est plus tenu par son offre] et je pense sincèrement que notre juge français verrait d’un très mauvais œil ce mécanisme (j’émets même un doute sur la position de la CJUE…[il faudrait disposer de ladite communication;après une recherche rapide, cette proposition figure également dans ce document http://www.robertocavalloperin.it/repository/QuaderniConsip.pdf mais la référence semble être utilisée légèrement différemment)]

Je pense que nous serions plus d’un à trouver ce mécanisme utile même si je le trouve à titre personnel contestable.

[pour des references exactes:  « Another possibility could be to provide, in the contract documents, that in case of bankruptcy or termination of the contract due to grave violations, the participants in the original competition who provide the next best offer after that of the winner, and so forth, would become eligible again, but with the condition, required by the Commission, that all the winning conditions, and not only the economic ones, must remain unchanged » ]

2) Using Public Procurement to Promote Better Labour Standards in Australia: A Case Study of Responsive Regulatory Design
Journal of Industrial Relations, Vol. 51, No. 4, 2009, U of Melbourne Legal Studies Research Paper No. 507
John Howe and Ingrid Landau
University of Melbourne Law School and University of Melbourne - Law School
Date Posted: November 15, 2010
Last Revised: November 15, 2010
Accepted Paper Series

Abstract:      
The former Federal Coalition Government’s industrial relations reforms restricted the capacity of state governments to make labour law, inspiring them to consider more innovative ways of regulating labour standards in the private sector including through greater use of public procurement. This article presents a case study of a program in which an Australian state government has sought to use its purchasing power to regulate labour standards in the cleaning industry. The authors assess this program against a model of responsive regulation. They suggest that there is potential to extend this model to other areas of government procurement.

A retenir de l’article:

Une étude de cas sur l’utilisation des marchés publics de manière coordonnée pour faire changer les pratiques d’un secteur, et réussir là où la réglementation « classique » a échoué (précision, il s’agit de prestations de nettoyage d’école, en Australie, un pays apparemment à tradition plus proche des Etats Unis où les marchés publics sont véritablement utilisés comme instrument politique, modèle sur lequel nous devrions tout doucement nous diriger au regard des reformes progressives en matière de droit des marchés publics français). Le modèle est celui d’un référencement d’entreprise atteignant un certain niveau d’exigence, ce référencement étant bien sur ouvert à tous (les entreprises référencées bénéficiant d’une sorte de « certificat/label »). Toute personne n’ayant pas ce « certificat/label » doit apporter la preuve qu’elle atteint ce niveau d’exigence (le certificat permettant de bénéficier d’une présomption d’atteindre le niveau attendu). Pour rentrer dans le concret, ce certificat se base sur un certain niveau en matière d’hygiène et de sécurité, de ressources humaines, de bonnes pratiques professionnelles, de capacité à atteindre des objectifs contractuels et à proposer certains services spécifiques. La vérification des objectifs contractuels se réalise via des audits. Ces audits ont permis de voir que cette pratique a contribué à une meilleure connaissance du secteur spécifique par les titulaires de marché et à une augmentation de la qualité « standard » dans l’industrie (qualité « standard » qui a permis une modélisation puis s’est d’ailleurs étendue à d’autres secteurs d’activités) même si le programme souffre de deux défauts : sa complexité et les difficultés de suivie (mode de redéfinition des critères selon la capacité des entreprises) nécessitant un appui fort aux entreprises pour permettre une bonne compréhension du programme. Un bon exemple d’utilisation des marchés publics comme outil politique


Egalement intéressant mais que je ne commenterai pas (trop éloigné de nos pratiques);  Essays on Public Procurement in South Africa; Paul Arendse

Juste un dernier mot pour indiquer que je regrette de ne jamais voir de contribution française au SSRN...
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